La guerre civile au Darfour est un conflit armé qui touche depuis 2003 la région du Darfour située à l'ouest du Soudan. Les origines du conflits sont d'ordre politique, mais il s'agit surtout d'une lutte pour des ressources : pétrole, eau, terres, le tout sur fond de nettoyage ethnique.
Le conflit du Darfour a provoqué la plus importante crise humanitaire dans le monde aujourd'hui :
plus de 200 000 morts[1][2], victimes d'attaques mais surtout de famine et de maladie ;
2 millions de déplacés ;
230 000 réfugiés au Tchad et en République centrafricaine.
Le Soudan sort à peine de la seconde Guerre civile soudanaise ; un conflit qui a duré une vingtaine d'années depuis 1983 entre les rebelles du sud et le gouvernement soudanais, et qui a déjà fait près de 2 millions de morts.
Les raisons du conflit sont multiples et interconnectées :
Une origine climatique et naturelle : un phénomène de sécheresse qui s'amplifie et de désertification qui a commencé depuis les années 1970[9][10][11].
Une explosion démographique, la population a doublé en 20 ans[12].
Une compétition pour l'espace.
Des ethnies différentes, aux répartitions imbriquées.
Un pays vaste et mal unifié: le Soudan.
La découverte de ressources pétrolières qui suscitent les convoitises.
Le Darfour est une région du sahel qui se trouve à l'ouest du Soudan : 5 à 6,1 millions de personnes y vivent ; la région a un très faible niveau de développement : seulement un tiers des filles (pour 44,5% des garçons) va à l'école primaire.
La découverte du pétrole dans cette région a aussi suscité les convoitises. Si le conflit a largement été décrit en termes ethniques, et probablement politiques, il s'agit principalement d'une lutte pour les ressources pétrolières situées au sud et à l'ouest.
Trois tribus principales sont installées au Darfour : les Four (qui a donné son nom au Darfour), les Masalit et les Zaghawa. Jusqu'à présent, le passage des chameliers arabes dans le sud était demeuré sans incidents.
Pendant l'hiver 2003, l'opposition au président soudanais Omar el-Béchir fait entendre sa voix. En représailles, Khartoum laisse agir les milices arabes (les djandjaouids dirigés par Choukratalla, ancien officier de l'armée soudanaise) dans tout le Darfour. Les armées soudanaises bombardent les villages du Darfour. Les populations sont victimes de bandes armées que le gouvernement de Khartoum semble laisser faire. Plus grave, humanitaires et diplomates accusent le gouvernement d'avoir armé et payé les Djandjaouids...
Reportage filmé résumant les origines de la crise , par I-télé.
Selon Jan Pronk, ancien représentant spécial du secrétaire général de l'ONU au Soudan, la raison qui pousse les gouvernement soudanais à ne pas céder aux pressions de l'ONU, et donc à entretenir la crise est assez simple: maintenir le regime actuel au pouvoir[
Le décompte des victimes
Selon le ministère des affaires étrangères: 200 000 morts ( septembre 2006)
Selon l'ONU:
400 000 personnes "ont perdu la vie" [19]( septembre 2006)
plus de 200 000 personnes "ont été tuées" [20] ( Mai 2007) Le bilan humain s'alourdit depuis février 2003 : meurtres, viols, y compris de fillettes, sont rapportés par les témoins dans les camps de réfugiés. Les premières victimes de la crise sont les enfants. Les causes de mortalité infantile sont multiples : sous-nutrition (un bol par jour d'assida, c'est-à-dire d'un mélange de farine et d'eau), maladies diarrhéiques (choléra) provoquées par la pollution de l'eau, blessures, pneumonies, fièvres.
Au mois de juillet 2004, le congrès des États-Unis vote à l'unanimité une résolution pour donner un nom aux exactions des janjawids au Soudan : génocide. Se référant à une enquête faite pendant l'été 2004 dans dix-neuf camps de réfugiés soudanais au Tchad, le secrétaire d'État américain Colin Powell qualifie les événements du Darfour de génocide en septembre 2004. Il souhaite ainsi dénoncer les violences des milices arabes sur les populations du Darfour. Les rebelles sont satisfaits de cette reconnaissance et réclament une intervention directe de la communauté internationale.
Les populations déplacées
Les destructions, les villages rasés, la politique de terre brûlée (attaque et vol du bétail, champs incendiés) forcent les populations à partir:
12 camps de réfugiés au Tchad[21] : Bredjing ( 28 000 réfugiés)...
Des dizaines de camps de déplacés[22]:
Géreida(128 000 déplacés),
Zalingeï (95 000 déplacés),
Kalma (91 000 déplacés),
El-Geneïna...
À Riyad (20 000 déplacés), les réfugiés sont essentiellement des femmes et des enfants. Les ONG, le Programme alimentaire mondial et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés se plaignent. Le manque de sécurité gêne le travail des ONG ; plusieurs travailleurs humanitaires soudanais ont été enlevés. Le président soudanais est accusé.
Les conséquences locales : beaucoup d'hommes s'engagent dans l'armée rebelle pour combattre des milices[réf. nécessaire]. Plusieurs miliciens djandjaouids ont été condamnés par la justice locale à la peine de mort. Des amputations de mains et de pieds ont été également prononcées contre les voleurs[23].